Parce que le vernis c'est le rouge à lèvre de la Langue des signes
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Adieu mon Alter Ego

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je reviens après un bon moment d’absence, comme d’habitude j’ai envie de dire pour te parler. J’avais besoin de t’écrire, te dire ce que je ressens pour peut-être aller de l’avant. C’est sûrement bizarre de vouloir te parler surtout ici mais j’en ai besoin. C’est sûr tu ne sais pas lire, tu ne comprends pas grand chose aux problèmes des humains mais il faut que je te parle. On va peut-être me prendre pour une folle de te parler comme je le ferais avec une vraie personne, comme on le ferait avec un humain mais je m’en fiche au diable les convenances il faut que je te dise une fois pour toute ce que je ressens et peut-être qu’ensuite je pourrais passez à autre chose ou en tout cas commencer mon deuil.
« Il manque un temps à ma vie, il manque un temps j’ai compris, il me manque toi Mon Alter Ego. Tu es partie mon amie, tu m’as laissée seule ici, partout tu me suis mon Alter Ego… Ou tu es… J’irai te chercher, ou tu vis je saurai te trouver, ou tu te caches laisse moi deviner. Dans mon coeur rien ne change t’es toujours la mon ange… »

Où tu es…

Voilà ce que je ressens, j’ai encore une fois le coeur en miettes depuis quelques jours, cette fois-ci c’est de ta faute et cette fois-ci tu n’es plus là pour m’aider à avancer, cette fois-ci tu n’es plus là pour sécher mes larmes, cette fois-ci tu es partie et il me manque toi mon amie.
Je peu le dire sans ciller, le plus beau jour de ma vie a été et restera le jour où papa m’a ramenée à la maison et où je t’ai entendue couiner derrière la porte. Ce jour-là où j’ai cru que c’était le bruit que faisaient mes baskets polly pocket sur le lino, ce jour-là où quand il a ouvert la porte j’ai cru que je rêvais, que cette minuscule boule de poils qui se dandinait devant moi n’était pas réelle.
Mais voilà c’était vrai tu étais là devant moi toute petite, la plus jolie chose qu’il m’ai été donné de voir, une petite bête poilue toute noire avec une barbichette blanche qui n’attendait que mes bras. Le plus beau jour de ma vie c’est celui-là.
C’est aussi mon plus beau souvenir, je peux enfin répondre à cette question. On me la posée il y a deux semaines et sur le coup j’ai été incapable de répondre j’ai dû squeezer la réponse car l’indécise que je suis était incapable de répondre quoique ce soit. Mais aujourd’hui je sais que c’est ce moment-là, cette rencontre qui est mon plus beau souvenir.

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Tu sais je t’ai voulu pendant des années, j’ai tanné papa pendant des années pour t’avoir et sincèrement je ne pensais pas que tu arriverais c’était comme un rêve inaccessible, quelque chose qui n’arriverait jamais et pourtant tu es arrivée. Le plus beau cadeau du monde, la plus merveilleuse des surprises, celle qui allait être l’amour de ma vie.
J’avais 9 ans toi 2 mois et j’avais une petite soeur toute poilue et toute mignonne avec qui je pouvais jouer, me bagarrer et refaire la scène du Roi Lion. Papa nous a élevées comme ses deux petites filles même si moi je ne faisais pas pipi sur la moquette, que je ne traînais pas les poubelles sur le canapé et que je ne mordais pas les pieds. Mais une chose est sûre il t’a aimé autant qu’il m’aime moi ça il n’y a pas de doutes là-dessus.

18 ans, toi et moi on a vécu 18 ans ensembles autant dire presque toute ma vie, à tel point que je ne sais absolument plus ce que a veut dire de vivre sans toi.

Les responsabilités de maître et la dure vie de parent…

A 24 ans quand je me suis installée dans mon appartement je t’ai prise avec moi pour profiter jusqu’au bout. A moment-là tu es instantanément et inconsciemment passée du statut de soeur à enfant dans ma tête et dans mon coeur. Tu étais devenu mon Benjamin Button à moi, un bébé dans un corps de vieille et je devais veiller sur toi. J’avoue avoir râlé plusieurs fois, oui tu m’as rendue folle et la cohabitation a été plus qu’originale et déboussolante parfois.
Tu avais 14 ans et des problèmes des vieux. Tu commençais à perdre la vue, tu n’entendais plus rien, petit à petit tu as commencé à ne plus pouvoir te retenir, tu t’oubliais beaucoup quand je travaillais et je savais qu’en rentrant ça allait être le parcours du combattant pour ne pas marcher dedans avant de nettoyer.
A 16 ans tu as commencé à perdre un petit peu la tête et à errer dans l’appartement avant que je puisse te calmer. Il n’y avait que moi que tu reconnaissais. Jusque-là tu dormais dans le salon en « faisant tes nuits » et puis tu as commencé à te réveiller à 6h puis à 4h du matin pour déambuler en pleurant dans le salon. Quand j’ai compris que c’était moi que tu appelais et que tu cherchais j’ai fini par venir te faire dormir avec moi. Ca allait mieux on était ensembles et tu étais rassurée. J’avais l’impression d’être un parent démissionnaire qui laisse son enfant le mener par le bout du nez.
Mais je t’aimais plus que tout et j’aimais aussi particulièrement mon sommeil alors qu’à cela ne tienne tu allais dormir avec moi, nous (oui ça ne lui plaisait pas forcément à Lui mais on faisait l’autruche et puis tant pis).
je ne pouvais pas partir en vacances non plus car pas de dogsitter sous la main ou alors je devais à chaque fois vendre un rein pour te faire garder. C’était contraignant il faut le reconnaître mais je t’aimais tellement que de toute manière il n’y avait pas à choisir c’était toi et Basta !

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On a vécu comme ça pendant 1 an, puis Lui est parti, il m’a quittée et on est restées que toi et moi. Je le sais bien qu’à ce moment-là de ta vie tu ne te rendais plus vraiment compte de grand-chose à part que moi j’étais toujours là et que dés que je te prenais dans mes bras ça allait mieux (même si des fois tu mettais du temps à te calmer). Cette période a été compliquée mais tu étais là avec moi dans cet appart trop grand et un peu vide et quand je pleurais ou que j’étais déprimée je pouvais te prendre dans mes bras, plonger ma figure dans tes poils noirs et y sécher mes larmes.
Mais cette fois-ci qui va sécher mes larmes alors que tu n’es plus là ?
Putain Agathe je vais faire comment moi sans toi ?…
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La reine des bêtises…

Tu m’en as encore fais voir, 16 ans et des conneries encore plein la tête : Des poubelles dévorée encore à ton âge « Mais tu n’arrêteras donc jamais ? ». Une patte coincée dans l’ascenseur un 14 février à 10 heures du matin qui a ameuté tout l’immeuble dans un premier temps pour ensuite rassembler des voisins qui ne s’étaient jamais parlé. Ce jour-là ma vieille tu es devenue la mascotte de tout le bâtiment. Des qu’on me voyait la première chose qu’on me disait avant de me dire bonjour c’était « Comment va le petit chien ? ».
Ce qui aujourd’hui rend les choses bien plus douloureuses… Mais une chose est sûre : les gens se sont mis à se parler grâce à toi mon amour, ma petite boule de poils que j’aime

Tu m’as aussi fait le coup de monter sur ma coiffeuse à 17 ans… pour boulotter cet énorme oeuf de pâques que je gardais car je n’aime pas vraiment le chocolat de qualité mais que je n’osais pas jeter.
Oh mais Agathe à quoi pensais tu ?

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Ca nous a valu 24 heures d’intense frayeur. Exactement comme une maman qui a son enfant malade et qui est morte d’inquiétude à l’idée de le laisser seul j’ai dû poser un RTT pour m’occuper de toi et te surveiller.
Mais le truc c’est que même en ayant ingurgité un oeuf deux fois plus grand que toi pour un petit corps de 4kg tu en es revenue. Le lendemain tu gambadais comme si rien ne s’était passé.

Dire « Au revoir »…

Je crois que c’est un peu à cause de ça que petit à petit je me suis persuadée que quelque part là haut ils t’avaient oubliée, qu’il y avait une faille dans le système et que aussi irréaliste et fou que cela puisse être tu allais rester avec moi toute ma vie.
Seulement, je crois qu’ils se sont rendus compte qu’ils avaient merdé car en à peine une semaine ton état est passé de chien aveugle, sourd un peu relou qui gambade partout dans l’appart à la recherche des meubles à celui de chien mourant qui ne quitte plus son panier, ne s’alimente plus et dort toute la journée…
Alors j’ai été obligée d’appeler papa parce que tu me connais prendre des décisions c’est pas mon fort, surtout cette décision dont je ne voulais surtout pas entendre parler. J’espérais encore que ce serait une passade que dans les jours suivants tu allais reprendre du poil de la bête comme d’habitude et que tu serais de nouveau sur patte.
Seulement quand j’ai ouvert la porte et que j’ai vu la réaction et les yeux de papa j’ai su… J’ai su que cette fois-ci on nous avait rattrapé et qu’ils avaient découvert notre manège.
J’avais passé toute la nuit précédente à veiller sur toi, une nuit blanche où j’ai été incapable de dormir consciente que cette nuit serait la dernière qu’on aurait ensemble. Quand papa te prenait quelque jours chez lui je faisais pareil comme si j’essayais de profiter un max de toi avant d’être séparée durant quelques jours. Seulement là je savais que ce ne serait pas une séparation de quelques jours mais bien une séparation de toujours… Alors voilà j’ai passé ma nuit à te veiller, de câliner, pleurer et à te parler. A essayer d’imprimer la sensation de ma main caressant ta petite tête, pour me rappeler ce que ça faisait quand je caressais ton museau ce petit côté rugueux et ce que je ressentais quand j’enfouissais mon visage dans tes poils.
Ce qui a suivi a donc été la chose la plus difficile que j’ai eu à faire de toute ma vie parce qu’en plus d’être indécise je suis aussi égoïste. Seulement là il n’était pas question que mon bébé souffre plus alors je t’ai prise dans mes bras et je t’ai serrée contre ma poitrine tout du long. Crois-moi quand je te dis que je n’ai jamais eu autant mal. Au final quand Lui est parti c’était de la gnognotte à côté de ça, te dire au revoir est la chose la plus difficile que j’ai eu à faire. Mais j’avais promis à papa toute petite déjà que si j’avais un jour un chien je serais responsable de lui, (même si je ne savais pas encore jusqu’où cette promesse irait) étant adulte j’ai dû la respecter. Alors je t’ai amenée avec moi là bas pour qu’on s’y dise au revoir et pour te permettre de dormir paisiblement pour toujours.

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cette photo a été prise durant notre dernière nuit ensemble tu avais l’air si paisible

La douloureuse épreuve de l’après…

Je te cherche partout, chaque fringue noire laissée négligemment sur le canapé ou sur mon lit me fait croire que tu y dors roulée en boule. Parfois je suis dans le salon et je t’entends avec tes petites pattes sur le parquet. Avant hier en t’entendant je me suis même précipitée dans la chambre pour te sortir avant que tu ne t’oublies une fois de plus sur ce pauvre parquet. Seulement je n’y ai trouvé que du bordel et aucune trace de toi…

Quand je sors j’ai encore le réflexe de fermer toutes les portes afin que tu ne te tapes pas cette putain de poubelle et que tu ne t’oublies pas sur mon lit…
Quand je sors je calcule encore à quelle heure je dois rentrer pour te sortir avant qu’une fois encore tu arroses monsieur le parquet.
Et maintenant je peux aller dormir autre part qu’à la maison sans me préoccuper de savoir qui va te sortir mais en fait je n’en ai plus envie, paradoxe…
En fait mon amour toute ma vie était rythmée par toi, toute ma vie tournait autour de toi, c’est ça pour moi tu étais mon enfant et je m’organisais en fonction de toi car comme je l’avais promis à papa j’étais responsable de toi.

Ce que je voulais te dire Agathe c’est Merci. Merci de m’avoir accompagnée et d’avoir grandi avec moi. Merci de m’avoir fait confiance et merci de t’être occupée de moi. Merci de m’avoir fait rire, merci de m’avoir emmerdée aussi et merci d’avoir été toujours là, fidèle au poste. Merci pour ces 18 années de pur bonheur et d’amour et une chose est sûre les 18 à venir vont être cruellement ternes et tristes.

Où que tu sois dans mon coeur rien ne change t’es toujours là mon ange, il me manque toi mon amie.

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9 Petits mots

  1. La Palatine · 16 juillet 2017 Répondre

    Je suis en larmes devant ton article…J’ai perdu mon chat qui avait 16 ans en septembre et c’était mon bébé depuis enfant aussi, c’est tellement douloureux. C’est une douleur qu’il faut porter avec soit toute sa vie, on ne les oubliera pas et Agathe veillera toujours sur toi ❤ Je t’embrasse ma belle et te souhaite beaucoup de courage tu d’amour ❤

  2. Audrey · 16 juillet 2017 Répondre

    Ton texte m’a bien sûr émue aux larmes..j’ai perdu mon chien de « petite fille » qui était restée chez ma maman durant le même mois ou j’ai adopté ma petite beagle « d’adulte » ..aujourdhui ils sont deux a la maison et je crains sincèrement le jour où le ciel les appellera..je te souhaite beaucoup de courage, le temps fera le reste…

  3. Lauréline · 16 juillet 2017 Répondre

    Je crois que j’ai jamais autant pleuré en lisant un article…

    Je ne peux que comprendre ta douleur, quand je pense à ma Luna j’ai la gorge qui se serre et j’ai l’impression de ne plus pouvoir respirer tellement la peine est intense.

    Courage ma Laura

  4. Onceuponacatlady · 16 juillet 2017 Répondre

    Je suis pleine de larme… ♡

  5. Julinfinity · 16 juillet 2017 Répondre

    Ton article est magnifique ma Laura, elle est partout autour de toi et avec toi.. ♡ Je suis heureuse de l’avoir connu et d’avoir dormi avec ! :D

  6. Tauziede · 16 juillet 2017 Répondre

    Laura, je viens de lire ton récit chargé d’émotion, tu lui fais là un bel hommage. Je sais qu’elle comptait beaucoup pour toi ❤️
    Je pense fort à toi
    Bisous

    Amélie

  7. Lilouuuu · 16 juillet 2017 Répondre

    Ma pauvre, je suis de tout cœur avec toi, c’est très triste mais reste forte, on sera toujours là pour toi !
    Bisou ma belle
    http://lilouuuu.com

  8. Alexandra · 17 juillet 2017 Répondre

    article vraiment magnifique et chargé d’émotion, je comprends ta douleurs j’ai aussi du dire adieu à mon toutou il y a 3mois et pour moi aussi ca a été la chose la plus dur de ma vie.. lire ton article à fait remonté pleins d’émotion

  9. Josephine · 26 juillet 2017 Répondre

    Ça y est je pleure !

    Je connais cette lourde peine et je ne peux que te dire courage et t’envoyer des bisous.

    Ma Vava est partie il y a quelques mois (Vahiné, une golden retriever).
    Je l’ai eue à 14 ans. Je me souviens aussi du jour où elle est arrivée chez nous.
    Je me revois rentrer du collège en bus, dans la maison, aller dans la cuisine et voir cette grosse boule de poils toute ronde toute pataude. Mes parents m’avaient offert un chien OUIIIIII !!!

    Nous avons grandi ensemble nous aussi.
    Elle a fait de sacrées conneries. Elle m’a mangé des chaussettes (et les vomissais ensuite sur mon lit…joie !) elle m’a mangé des devoirs (ouais alors là va dire à ton prof que ton chien a VRAIMENT mangé ton CM) bref je pourrais continue comme ça longtemps.
    Mais qu’est-ce que je l’ai aimée.

    Et puis après je suis partie faire mes études donc je la voyais moins. Mais quand je rentrais le weekend nous étions ensemble pendant H24.
    On dormait ensemble, elle venait avec moi quand je prenais ma douche et se couchait sur le tapis, on allait faire des promenades, quand je travaillais à mon bureau elle se couchait sous mes pieds…

    Et puis les années passant, 13 années passant, je la voyais vieillir petit à petit, boiter, avoir de grosses difficultés à se relever. Je suis aussi partie vivre plus loin donc on rentrait moins souvent.
    Alors quand je rentrais je voyais vraiment qu’elle prenait de l’âge. Ça me faisait de la peine, à chaque fois que l’on rentrait je lui faisait un énorme câlin, d’énormes bisous et la serrant fort en me disant que ça allait peut-être être la dernière fois.

    Elle a eu une tumeur au cerveau, elle faisait des attaques. Petit à petit elle s’est mise à en faire plusieurs par jour. Elle se faisait dessus, se mordait la langue. Alors mes parents ont pris la décision de la laisser partir en paix.

    C’est toute mon enfance, mon adolescence, et une partie de ma vie d’adulte qui sont parties avec elle.
    Mon chien, ma Vava, ma Vavou. Si gentille, si têtue aussi

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